Le Pape et la “Querelle” sur la Corédemption. Les Erreurs de Tucho Fernandez.

Marco Tosatti

 

Chers StilumCuriali, un ami prêtre nous a envoyé ces réflexions sur la récente polémique concernant le rôle de Marie dans la rédemption. Merci de tout coeur a Louis Lurton pour la traduction. Bonne lecture et bonne méditation. 

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Le Pape et la “querelle” sur la Corédemption

Quelques jours après la présentation du document Mater Populi Fidelis, un ami s’est retrouvé à discuter avec quelques pasteurs pentecôtistes pour des questions professionnelles. À la fin de la conversation, l’un des pasteurs, sachant que son interlocuteur était catholique, lui a dit avec emphase : “Tu as vu ? Le pape a enfin remis Marie à sa place…”.

Cette joie des protestants n’a toutefois pas trouvé d’écho chez les catholiques, bien au contraire ! Dans leur travail pastoral, les prêtres ont constaté la confusion, la tristesse et la déception d’un grand nombre de fils de l’Église. La question qui se pose à partir de ces expériences pastorales est la suivante : quid prodest ? À qui le récent document sur la Corédemption et la Médiation Universelle de Marie a-t-il été utile ? A-t-il confirmé dans la foi les brebis du troupeau de Pierre ? Ou bien a-t-il plutôt conforté dans leur erreur ceux qui nourrissaient déjà de l’antipathie à son égard ?

Cette réalité, vérifiable par quiconque se consacre sérieusement à la pastorale, m’a amené à formuler une opinion sincère et franche sur un facteur qui semble être à la base de toute la polémique soulevée par le Document : le fait que le Saint-Père y ait apposé sa signature – un geste novateur, jamais utilisé auparavant dans une note doctrinale – élevant ainsi le texte au rang de magistère pontifical ordinaire. Leone XIV étant le pape de l’union, comme le proclame clairement sa devise épiscopale “in Illo uno unum”, je pense qu’il aurait été plus opportun d’agir avec prudence, en laissant les questions délicates et scandaleuses pour un moment de maturité qui n’est pas encore atteint.

Je voudrais maintenant présenter quelques observations théologiques et pastorales qui, à mon avis, auraient dû inciter le pape à ne pas signer le document, et mieux encore, à ne pas en autoriser la publication dans les termes tels qu’il a été rédigé.

Tout d’abord, je voudrais rappeler ce qui est bien connu. En effet, de nombreux enfants de l’Église jugent inopportun que le Saint-Père ait signé un document sur la Vierge Marie rédigé par le cardinal Fernández, auteur tristement célèbre de deux pamphlets dont le contenu inconvenant et cruellement érotique a scandalisé une multitude de fidèles. La loi de la chair s’oppose à la loi de l’esprit (cf. Gal 5, 17), et c’est pourquoi constater que la Vierge Marie, Reine immaculée de pureté céleste, ait fait l’objet de considérations de la part de quelqu’un qui n’est familier que des instincts animaux les plus primaires, blesse la sensibilité de ceux qui l’aiment. Marie Très Sainte et Fernández, sous cet aspect, apparaissent aux yeux des baptisés comme deux réalités tellement antagonistes que, comme on dit en français, “ils hurlent de se trouver ensemble”. Que personne ne touche à la Vierge Marie, encore moins un spécialiste de ce que certains ont appelé la “porno-théologie”.

D’autre part, ce même Cardinal, d’un point de vue théologique, ne possède pas la sécurité et le sérieux nécessaires pour servir le Souverain Pontife, appelé à confirmer ses frères dans la foi. Son style ambigu et confus entrave facilement la manifestation de la vérité, qui doit être claire, belle et lumineuse. Sans parler de son orthodoxie discutable. Ses interventions au cours du pontificat précédent ont démontré sa capacité à “semer la confusion” non seulement au niveau pastoral, mais aussi au niveau doctrinal. Il est surprenant et peut-être alarmant que le pape Léon n’ait pas tenu compte de ce fait. Comment ne pas se souvenir des discussions et divisions infinies qui ont suivi la publication d’Amoris Laetitia ou de Fiducia Supplicans ? S’il est vrai que l’on reconnaît l’arbre à ses fruits, comment confier à Fernández un document sur un sujet aussi délicat sans s’attendre à ce qu’il provoque confusion, tristesse et déception ? C’est ce qui s’est produit, comme l’a démontré l’explosion de manifestations négatives et de dissensions sur les réseaux sociaux. Il est paradoxal de vouloir promouvoir et confirmer l’unité dans l’Église – aujourd’hui si polarisée – et de faire appel à Fernández comme théologien de confiance.

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Les deux observations précédentes sont du domaine public et ont été citées de mille façons sur le web ; cependant, il nous a semblé indispensable de les résumer avant de poursuivre. Il s’agit maintenant d’indiquer certaines raisons liées au texte qui déconseillent vivement la signature du Pape et sa publication même.

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En ce qui concerne le titre de Corédemptrice, la “note” est plus directe que celle qui traite de la médiation de Marie. Et c’est précisément de la corédemption mariale dont nous allons nous occuper en premier lieu.

La phrase émise contre le titre de Corédemptrice s’exprime ainsi au point 22 :

« Compte tenu de la nécessité d’expliquer le rôle subordonné de Marie au Christ dans l’œuvre de la Rédemption, l’utilisation du titre de Co-rédemptrice pour définir la coopération de Marie est toujours inopportune. Ce titre risque d’obscurcir l’unique médiation salvifique du Christ et peut donc générer une confusion et un déséquilibre dans l’harmonie des vérités de la foi chrétienne ».

Avant d’analyser le texte, il est nécessaire de rappeler trois citations omises dans la “note” : la première est biblique, la deuxième patristique et la troisième magistérielle. Ces omissions pourraient peut-être être justifiées par la nécessité de limiter la longueur du texte ; cependant, étant donné la quantité abondante de mots utilisés pour discréditer le titre de “médiatrice universelle de toutes les grâces”, on peut se demander si cette omission n’a pas été causée par une partialité dans l’utilisation des sources, caractéristique du patinage sophistique-théologique de Fernández. En effet, les textes “oubliés” auraient causé un grand embarras à l’auteur de la “note”, comme un bâton dans les roues dans son désir de déconseiller (car en fin de compte, le terme n’a été ni proscrit ni condamné, mais seulement déconseillé d’un point de vue prudentiel) l’utilisation du titre de Corédemptrice.

Comme nous le savons, la théologie de la corédemption plonge ses racines les plus anciennes et les plus profondes dans la théologie paulinienne (Col 1, 24) : “Nunc gaudeo in passionibus pro vobis et adimpleo ea quae desunt passionum Christi in carne mea pro corpore eius, quod est ecclesia”, dans la version latine de la Neovulgata. En français : « C’est pourquoi je me réjouis des souffrances que j’endure pour vous et je complète dans ma chair ce qui manque aux souffrances du Christ, en faveur de son corps qui est l’Église ». Ce texte de l’Écriture, inexplicablement absent de la note doctrinale de Fernández (la citation biblique n’est mentionnée qu’une seule fois dans des citations indirectes), exige une exégèse théologique correcte pour une compréhension harmonieuse de la vérité révélée par saint Paul sur la corédemption des fidèles à la lumière de l’unique rédemption opérée par le Christ, elle aussi affirmée de manière incontestable par l’Écriture. À première vue, cela semble être un casse-tête insoluble, mais ce n’est pas le cas.

Il faut partir du principe que tant la rédemption unique du Christ que la coopération des chrétiens à son œuvre rédemptrice sont deux vérités révélées, toutes deux respectables. En réalité, Jésus, l’unique Rédempteur, n’a pas voulu accomplir seul son œuvre de salut, appelant les hommes à s’y associer ; et ces deux réalités ressortent de la Révélation. Il est donc nécessaire que la théologie d’abord, puis le magistère, affirment l’unique rédemption du Christ et, en même temps, guident les esprits vers la compréhension de la manière dont les fidèles en général et Marie Très Sainte en particulier coopèrent à la Rédemption du Christ, en tant qu’authentiques co-rédempteurs, le préfixe “co-” est défini dans les dictionnaires, c’est-à-dire “en compagnie de” ou simplement “avec”.

Dans une prochaine publication, nous reviendrons sur cette péricope paulinienne, qui revêt une importance capitale pour le thème de la corédemption.

Ce présupposé biblique est à la base de l’intuition audacieuse des Pères de l’Église concernant la mission de Marie dans la rédemption du péché d’Ève et de tout le genre humain. Des figures éminentes telles que saint Justin, Tertullien et saint Irénée considéraient la Mère du Christ comme la nouvelle Ève. En particulier, l’Évêque de Lyon, déclaré docteur de l’Église par le pape Bergoglio et considéré comme le père de la théologie systématique par Benoît XVI, a été explicite et concluant dans la détermination de ses attributions co-rédemptrices. Voici ses paroles:

« Parallèlement, on trouve aussi la Vierge Marie obéissante lorsqu’elle dit : “Me voici, je suis la servante du Seigneur : qu’il me soit fait selon ta parole” (Lc 1, 38). Ève a désobéi, et elle était désobéissante alors qu’elle était encore vierge. Comme Ève, qui, bien qu’ayant Adam pour mari, était encore vierge […], en désobéissant, est devenue la cause de la mort pour elle-même et pour tout le genre humain, ainsi Marie, qui, bien qu’ayant l’époux qui lui avait été assigné, était encore vierge, en obéissant, est devenue cause de salut pour elle-même et pour tout le genre humain (He 5, 9). […] […] Le Seigneur, devenu le Premier-né de ceux qui ressuscitent d’entre les morts (Col 1, 18), a accueilli en son sein les anciens pères et les a régénérés à la vie de Dieu, devenant lui-même le principe des vivants (Col 1, 18), car Adam était devenu le principe des morts. […] Ainsi, le nœud de la désobéissance d’Ève a trouvé solution grâce à l’obéissance de Marie. Ce que la vierge Ève avait lié par son incrédulité, la Vierge Marie l’a délié par sa foi ».

(Saint Irénée de Lyon, Adversus haereses, III, 22, 4 : PG 7/1, 959C-960A)

Le titre de “causa salutis” attribué par saint Irénée à la Vierge Marie en relation avec elle-même et avec toute l’humanité, en tant que nouvelle Ève, c’est-à-dire la véritable mère des vivants dans le Christ, comme le reconnaissent de nombreux Pères de l’Église, est frappant. L’expression “causa salutis”, en grec aítios sōtērías (αἴτιος σωτηρίας), est la même que celle utilisée dans la Lettre aux Hébreux en référence à Jésus, qui « “rendu parfait, est devenu cause de salut éternel pour tous ceux qui lui obéissent” (He 5, 9). Cela permet de bien comprendre à quel point Saint Irénée considère l’existence d’une causalité commune et inséparable – bien que subordonnée de la part de Marie – dans l’œuvre du salut accomplie par Jésus et Marie, tous deux étant cause de salut, tout comme Adam et Ève furent tous deux cause de ruine.

D’autre part, cette doctrine d’Irénée et le titre “Causa Salutis” ont été heureusement “magistérialisés” par les Pères conciliaires dans Lumen Gentium : « Les saints Pères considèrent que Marie n’a pas été un instrument purement passif entre les mains de Dieu, mais qu’elle a coopéré au salut de l’homme par sa foi libre et son obéissance. En effet, comme le dit saint Irénée, “par son obéissance, elle est devenue cause de salut pour elle-même et pour tout le genre humain”» (LG 56).

Ce titre, si consacré dans la tradition et le magistère de l’Église, a été étonnamment omis de la “note”, qui fait pourtant référence à la mariologie de l’évêque de Lyon dans la note de bas de page 11, où est présentée une synthèse de sa doctrine et où celle-ci est attribuée, avec une certaine imprécision, à un ensemble de Pères de l’Église : « si Ève a apporté la perdition, la foi de Marie nous a apporté le salut » (note doctrinale, note 11). Le lecteur remarquera qu’il existe une différence significative entre “apporter le salut” et être “cause de salut”, tout comme n’importe qui peut apporter de l’eau de la source, mais seule la source est la cause pour laquelle l’eau parvient à tous. Essayons donc de comprendre, par la suite, la raison de ce “lapsus” retentissant.

Dans le numéro 20 de la Note doctrinale, Fernández mentionne Ratzinger de manière incertaine, sans citations directes ni indirectes, et lui fait dire — ou Fernández dit comme si Ratzinger parlait : « Le Cardinal de l’époque mentionnait les Lettres aux Éphésiens et aux Colossiens, où le vocabulaire utilisé et le dynamisme théologique des hymnes présentent de telle manière la centralité rédemptrice unique et la fontalité du Fils incarné que la possibilité d’y ajouter d’autres médiations est exclue ». Dans le même paragraphe, la note ajoute que les textes bibliques cités pour confirmer l’affirmation précédente, relatifs à l’unicité de la rédemption par le Christ, invitent « à mettre chaque créature en situation clairement réceptive, et à une prudence religieuse et délicate lorsque nous envisageons toute forme de coopération possible dans le domaine de la Rédemption ».

Dans ce paragraphe obscur et contradictoire, typique du style sophistique et théologique de Fernández, on nie d’abord la possibilité, puis on recommande la prudence face à une éventuelle coopération des fidèles dans le domaine de la Rédemption. Or, la négation avancée en premier lieu est erronée à la lumière de la doctrine de saint Paul et de saint Irénée, cette dernière ayant été confirmée magistralement par Lumen Gentium, et l’observation suivante, relative à la “prudence religieuse et délicate”, est superflue, car on ne connaît aucun mariologue catholique qui ait traité de la corédemption mariale sans se soucier au préalable de situer la coopération de la Vierge comme dépendante et participative de celle du Christ à la lumière de Col 1, 24.

Il faut souligner le fait que ce paragraphe confus contient le seul argument théologique – si l’on peut l’appeler ainsi – avancé par la Note pour disqualifier le terme “corédemptrice” ; les autres raisons sont circonstancielles, prudentielles ou fondées sur une autorité supposée. Quelle est donc la consistance théologique de la disqualification du terme “Corédemptrice” ? La réponse est simple : aucune. Elle peut dépendre de motifs prudentiels, mais jamais de motifs théologiques.

Quant aux arguments circonstanciels, prudentiels ou d’autorité supposée mentionnés, on trouve, d’une part, ceux avancés par Ratzinger dans son vote secret – désormais révélé – de nature plutôt prudentielle, et nous y reviendrons dans une prochaine publication. À ceux-ci s’ajoutent ceux avancés par la “note” elle-même, qui tentent de résumer les raisons prudentielles mentionnées. Cependant, il existe également certaines citations de François, dont l’une pourrait être invoquée comme argument d’autorité. En effet, Bergoglio a déclaré : “Le Christ est le seul Rédempteur : il n’y a pas de co-rédempteurs avec le Christ”. Si l’on prend cela au pied de la lettre, sans tenir compte de l’imprécision typique du langage parlé d’un homme non érudit, comment interpréter la théologie d’Irénée concernant le rôle salvifique de Marie et le titre qu’il a inventé de “causa salutis” ? Et encore : quelle explication pourrait-on donner à l’affirmation de saint Paul dans Col 1, 24 ? Si Marie fut cause de salut pour elle-même et pour toute l’humanité, comment nier qu’elle a en quelque sorte racheté avec le Christ ? Si Saint Paul a complété ce qui manquait à la passion du Seigneur en faveur de l’Église, comment lui nier un rôle corédempteur ?

De telles questions deviennent encore plus pressantes si l’on considère le Magistère pontifical, en particulier l’affirmation de Benoît XV dans sa lettre Inter Sodalicia, également omise par Fernández :

« [Marie], en communion avec son Fils souffrant et agonisant, a enduré la douleur et presque la mort ; Elle a renoncé à ses droits maternels sur son Fils pour obtenir le salut des hommes et, pour apaiser la justice divine, dans la mesure où cela dépendait d’elle, Elle a immolé son Fils, de sorte que l’on peut affirmer, à juste titre, qu’Elle a racheté avec le Christ le genre humain» (Benoît XV, Litterae Apostolicae, Inter Sodalicia, 22 mars 1918, AAS 10, 1918, 182).

Si Elle a racheté le genre humain, on peut la considérer, en toute logique, comme rédemptrice avec le Christ. Le rédempteur est celui qui rachète, disent les dictionnaires. Si le terme corédemptrice signifie “rédemptrice ensemble” ou “rédemptrice avec”, et si Marie a racheté le genre humain avec le Christ, comment lui refuser le titre de “corédemptrice” ? Ce serait une erreur linguistique élémentaire… Et si Marie est corédemptrice au sens plein du terme, comment nier l’existence de corédempteurs avec le Christ ?

En ce sens, on peut se demander : François et son théologien Fernández seraient-ils en communion avec saint Paul, saint Irénée et Benoît XV ? Une réponse affirmative serait plus qu’imprudente. Nous concluons donc qu’il n’existe aucune raison valable d’autorité pour disqualifier comme “inopportun” le titre de “corédemptrice” ; au contraire, il existe des raisons théologiques et d’autorité bien fondées pour le lui attribuer. Des raisons qui restent valables, comme nous allons le montrer.

Il faut maintenant considérer la valeur pastorale du terme “inopportun”. En effet, de ce point de vue, cet adjectif funeste n’aurait même pas dû être pris en considération à la lumière de l’enseignement de saint Paul dans la deuxième lettre à Timothée : « praedica verbum, insta opportune, importune, argue, increpa, obsecra in omni longanimitate et doctrina » (2 Tm 4, 2). Il est clair que, si une doctrine et le titre qui la représente sont bons en soi, il faut insister dessus de manière appropriée et inappropriée, et c’est là la parole de Dieu. En revanche, le terme “inopportun” utilisé pour discréditer le titre de Corédemptrice n’est que le mot de Fernández.

On peut donc conclure que l’adjectif “inopportun” n’est ni théologique ni pastoral, mais seulement prudent. Et s’il est prudent, mais d’une prudence qui n’est ni théologique ni pastorale, de quel type de prudence s’agit-il ?

De plus, si l’on remonte aux racines étymologiques du terme, qui déterminent encore aujourd’hui sa signification dans le langage courant, “inopportun” signifie “ce qui se produit en dehors du temps approprié”. Dire que le titre de corédemptrice est inopportun revient à affirmer que ce titre est utilisé en dehors du temps approprié. Et cela ne concerne pas le titre en soi, mais l’occasion de l’utiliser. Une occasion qui, par nature, est changeante, car elle se réfère au temps et, comme le rappelle l’Ecclésiaste (3, 1-2), les temps changent :

« Il y a un temps pour tout, un temps pour chaque chose sous les cieux. Il y a un temps pour naître et un temps pour mourir ». En ce sens, affirmer que le titre de Corédemptrice est “toujours inopportun”, comme le fait la note doctrinale, est une contradiction évidente et une prétention indiscrète, comme si Fernández avait la prescience de tous les temps passés, présents et futurs. D’autant plus si l’on considère que de nombreux papes, dans l’exercice de leur mission d’enseignement, l’ont utilisé : auraient-ils eux aussi été inopportuns?

Pour conclure ce premier article sur un sujet qui mériterait encore beaucoup d’encre, il convient de rappeler un principe qui, pour ainsi dire, marquait au fer rouge les membres authentiques de la Curie vaticane : “nunquam inducere in errorem Summum Pontificem” (ne jamais induire en erreur le Souverain Pontife). C’est pourquoi les anciens collaborateurs des Papes étudiaient les sujets avec soin, les révisaient avec une attention extrême, tout cela pour éviter que le Pape ne se trompe à cause de ses assistants. Comme nous l’avons vu et comme nous le verrons encore, Fernández n’applique pas cette maxime avec rigueur. Son texte, signé par Léon XIV, porte le sceau de la confusion, de l’imprécision, de la partialité, d’une formulation instable, d’une omission flagrante et d’une position d’imprudente discontinuité avec la tradition magistérielle et théologique, que nous analyserons plus en détail dans la prochaine publication.

Il ne reste plus qu’à implorer la Très Sainte Vierge Marie, Causa Salutis et Rédemptrice du genre humain avec Jésus, afin qu’elle éclaire le Pape dans le choix de ses collaborateurs, en particulier ceux qui doivent défendre la Doctrine de la Foi, car c’est autour d’elle que se construit la véritable unité ecclésiale. En ces temps de division, où l’on parle de deux Églises en conflit, le pape du “in Illo uno unum” était initialement considéré comme une promesse de paix. Cependant, la signature inhabituelle et inutile sur la “note” de Fernández a été pour beaucoup la première déception. Le manque de prudence d’un pape, qui n’est pas un expert en théologie, et qui, dès ses premiers pas, adopte une attitude peu bienveillante envers la Vierge, doit être rapidement corrigé. Ce n’est qu’ainsi qu’il pourra regagner la confiance du peuple.

Miguel Guzmán, Pbro.

Docteur en Théologie

Post-scriptum : Cet article était déjà terminé lorsque nous avons pris connaissance de la récente interview de Fernández à Diane Montagna, dans laquelle le cardinal controversé “réinterprète” le texte de Mater Populi Fidelis concernant le “toujours inopportun” avec lequel il discrédite le titre de Corédemptrice.

Tout d’abord, il affirme que le terme “toujours inopportun” a été utilisé exclusivement en référence au moment présent (sic !). Il attribue à l’adverbe “toujours” un sens qui n’apparaît dans aucun dictionnaire, affirmant que dans la “note”, il signifie “à partir de maintenant” (sic!!). Fernández poursuit son erreur en affirmant que “au fond de ce mot [Corédemptrice], il y a des éléments qui peuvent être acceptés et continuer à être défendus”. Malgré cela, poursuit-il, “l’expression [« Corédemptrice »] ne sera utilisée ni dans la liturgie, c’est-à-dire dans les textes liturgiques, ni dans les documents officiels du Saint-Siège”.

Enfin, il affirme que de nombreux mariologues ont été consultés, contredisant ainsi les déclarations précédentes de Don Maurizio Gronchi, consultant du Dicastère pour la Doctrine de la Foi, qui avait assuré qu’“il n’avait pas été possible de trouver un seul mariologue collaborateur” pour travailler sur le document. Cette dernière information nous a été confirmée par des sources internes au Dicastère.

Analysons rapidement cette série d’inepties.

La première est d’ordre linguistique et démontre l’ignorance crasse du prétendu théologien Fernández. Affirmer que « toujours » signifie « à partir de maintenant » dépasse l’imagination. L’adverbe « toujours » vient du latin (semper) et signifie dans tous les dictionnaires « à tout moment », ce qui inclut le passé, le présent et le futur. Fernández tente de s’en sortir en expliquant l’inexplicable. C’est grave. S’il ne connaît pas le sens des mots dans sa langue maternelle, comment ose-t-il signer un texte aussi grave sur un sujet aussi délicat ? Et encore, dans quelles conditions prétend-il être le théologien du pape ? C’est comme si un peintre ne savait pas distinguer un pinceau d’une spatule… incroyable ! Non seulement Fernández ose écrire et faire de la théologie, mais il induit le pape en erreur en lui faisant signer un document ambigu, hautement controversé, qui l’a également discrédité aux yeux du peuple à cause d’un terme mal utilisé. Si c’est là le théologien ami du pape… Seigneur, délivre-le de ses amis !

En second lieu, l’audace d’affirmer le contraire de son propre conseiller : l’un dit qu’aucun mariologue n’a été consulté, l’autre qu’ils en ont consulté « beaucoup, beaucoup ». Lequel des deux est en tort ? Cette contradiction témoigne d’une équipe désunie, mal organisée et peu honnête, qui a très probablement présenté un document sur la Vierge sans la collaboration ni le soutien des autorités mariologiques les plus compétentes de l’Église… Et ce seraient là les défenseurs de la foi, les références théologiques du pape Léon ?

En troisième lieu, la honte infligée au pauvre Pape Léon. En effet, “quod scripsi, scripsi” — ce que j’ai écrit, je l’ai écrit — comme disait Pilate. Le document dit “toujours inopportun” et une interprétation erronée de Fernández donnée dans une interview ne peut corriger cette erreur. Avec ce “toujours”, le Pape Léon disqualifie ses prédécesseurs et un courant important de la théologie catholique. Il s’agit sans aucun doute d’un geste téméraire de la part du Pontife actuel, et également assez indélicat, car, comme cela a été dit, il n’est ni théologien, ni intellectuel de renom, et surtout, il vient tout juste d’arriver.

Quatrièmement, cela confirme ce qui est affirmé dans l’article, à savoir la vague de réactions contraires au document. Si ce n’était pas le cas, Fernández n’aurait pas fait marche arrière, du moins en partie. Le responsable du discrédit du pape tente maintenant de résoudre la crise de manière maladroite, l’aggravant encore davantage. Dommage que le remède ait été pire que le mal, comme on dit.

En résumé, la récente interview de Fernández ne fait que confirmer les thèses principales de l’article : le sophiste-théologien de La Plata n’est compétent ni en tant qu’écrivain ni en tant que théologien et a eu l’audace d’induire le pape en erreur, l’a discrédité et tente maintenant d’éteindre l’incendie en soutenant l’impossible, c’est-à-dire en transformant le terme “toujours” en un mensonge linguistique. Intolérable. Que le bon Dieu fasse en sorte que cette faute de pas retentissante coûte son poste à Fernández ; ce serait un bien pour lui et pour toute l’Église.

https://www.marcotosatti.com/2025/12/01/il-papa-e-la-querelle-sulla-corredenzione-gli-errori-di-tucho-fernandez/

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1 commento su “Le Pape et la “Querelle” sur la Corédemption. Les Erreurs de Tucho Fernandez.”

  1. Don Pietro Paolo

    Docteur en Théologie Miguel Guzman,

    la ringrazio anzitutto per la passione e l’amore per la Vergine che percorrono il suo scritto. Proprio perché condivido la preoccupazione che Maria Santissima sia onorata “come vuole la Chiesa”, vorrei offrirle, con rispetto ma anche con franchezza cattolica, alcune osservazioni di mariologia ed ecclesiologia che mi sembrano necessarie.

    1. Dove siamo d’accordo: le radici solide della cooperazione mariana

    Parto volentieri da ciò che lei ricorda con chiarezza, e che appartiene al patrimonio sicuro della Chiesa:
    1. Col 1,24
    La dottrina paolina della partecipazione dei fedeli alla Passione di Cristo è fondamentale:
    «Completo nella mia carne ciò che manca ai patimenti di Cristo a favore del suo corpo che è la Chiesa».
    Questo testo fonda, in senso largo, ogni discorso di corredenzione dei cristiani.
    2. La “causa salutis” di sant’Ireneo
    Lei cita con ragione il testo di Adversus haereses (III, 22,4), ripreso da Lumen gentium 56:
    «Per la sua obbedienza [Maria] è divenuta causa di salvezza per se stessa e per tutto il genere umano».
    Il parallelismo Adamo–Eva / Cristo–Maria non è un vezzo devozionale, ma la struttura stessa della mariologia patristica.
    3. Il Magistero del XX secolo
    Ricorda giustamente Inter sodalicia di Benedetto XV, dove si afferma che Maria, unita alla Passione del Figlio, “ha redento il genere umano con Lui”, formula forte, che tuttavia la tradizione ha sempre compreso in senso strumentale e subordinato, non come “seconda fonte” della Redenzione.

    Su questo siamo in profonda sintonia:
    • Cristo è l’unico Redentore e unico Mediatore in senso proprio e fontale;
    • Maria è la cooperatrice singolare e unica, nuova Eva, associata in modo reale e libero all’opera del Figlio;
    • questa cooperazione non è un’invenzione moderna, ma nasce da Scrittura + Padri + Magistero.

    2. Il titolo “Corredentrice”: dottrina vera e prudenza pastorale

    La divergenza reale mi pare non tanto su ciò che Maria è, quanto su come convenga oggi chiamarla nei testi ufficiali.

    a) Sul piano dottrinale

    In senso teologico rigoroso, il titolo “Corredentrice” può essere inteso in maniera ortodossa, come lei ricorda:
    • co- = “con” e “sotto”, non “alla pari di”;
    • “Corredentrice” = colei che, per pura grazia, partecipa in modo singolare e subordinato all’atto redentore di Cristo.

    In questo senso:
    • il richiamo a Col 1,24,
    • la “causa salutis” di Ireneo,
    • Inter sodalicia di Benedetto XV,

    sostengono bene la legittimità di una teologia della “corredenzione mariana”.

    Fin qui, nulla di “eretico”: siamo dentro la grande corrente della mariologia cattolica.

    b) Sul piano magisteriale-prudenziale

    Altro è domandarsi se sia opportuno elevare “Corredentrice” a titolo ufficiale, liturgico o dogmatico.
    • Finora nessun Papa ha voluto definire il dogma di “Maria Corredentrice”.
    • Il Vaticano II ha preferito parlare di:
    • «cooperò in modo del tutto singolare all’opera del Salvatore» (LG 61),
    • «associata alla sua offerta» (LG 58),
    • «per la sua multiforme intercessione continua a ottenerci i doni della salvezza» (LG 62),
    evitando esplicitamente il termine “Corredentrice”.

    Questo mostra che il Magistero ordinario recente non nega il contenuto (la cooperazione unica di Maria), ma ritiene prudente non fissare quel titolo per evitare:
    • equivoci dottrinali presso i fedeli semplici (due “redentori”…),
    • difficoltà ecumeniche (il sospetto protestante che Cristo “non basti”).

    Quando la Nota dice che l’uso del titolo è “sempre inopportuno”, siamo chiaramente su un terreno di valutazione prudenziale, non di condanna dogmatica.
    La dottrina sottostante resta: Cristo unico Redentore; Maria cooperatrice singolare, sempre dipendente.

    Su questo punto, mi sembra che il suo articolo tenda a identificare:

    “non usare il titolo” = “negare la realtà della cooperazione” = “contraddire san Paolo, sant’Ireneo e Benedetto XV”.

    Questo passaggio logico non è necessario. Un Papa può dire:

    “La realtà è vera, il termine lo considero pastoralmente poco adatto”,
    senza per questo sconfessare le fonti che lei cita.

    3. Limiti teologici del suo argomentare

    Con rispetto, ma con chiarezza, le segnalo alcuni nodi problematici del suo testo.

    3.1. Assolutizzare una scuola mariologica

    Il suo articolo presenta la posizione “corredenzionista” come se fosse l’unica possibilità cattolica, e la scelta prudenziale del Magistero recente (di non usare il titolo) quasi come un tradimento.

    In realtà:
    • il riconoscimento della cooperazione singolare di Maria all’opera del Figlio è dottrina comune;
    • il modo di esprimerla (Corredentrice / Cooperatrice / Nuova Eva / Madre nella grazia) è campo legittimo di pluralità teologica.

    Quando lei scrive, di fatto, “Maria è Rédemptrice du genre humain avec Jésus”, senza specificare che si tratta di linguaggio analogico e subordinato, rischia di presentare come definito ciò che è, in realtà, una opzione teologica autorevole ma non dogmatizzata.

    3.2. Confusione tra livello dottrinale e livello disciplinare

    Nel suo testo vengono spesso accostati:
    • il rifiuto di un titolo nei documenti ufficiali, e
    • la negazione di una verità di fede.

    Ma teologicamente:
    • dire: “Non useremo ufficialmente il termine ‘Corredentrice’”
    non è lo stesso che dire: “Maria non coopera alla Redenzione”;
    • come dire: “Non chiameremo Maria ‘Sponsa Spiritus Sancti’ nei documenti”
    non implica negare che lo Spirito Santo operi in Lei in modo unico.

    La Nota – per quanto formulata in modo discutibile – resta su un piano di disciplina del linguaggio; lei la legge come se fosse una condanna dottrinale: qui c’è uno scarto.

    3.3. L’uso di “sempre inopportuno”

    Ha ragione a dire che “toujours” non significa “d’ora in poi”: la difesa linguistica di Fernández nell’intervista è goffa e poco credibile.
    Ma da ciò non segue che:
    • il Papa “disqualifica tutti i suoi predecessori”,
    • o “nega la mariologia di Ireneo”,

    bensì che:
    • usa un’espressione troppo assoluta per dire qualcosa che, in realtà, è di ordine prudenziale (non proporre oggi quel titolo sul piano liturgico e ufficiale).

    Qui si può criticare la scelta espressiva, ma non dedurne automaticamente una rottura dottrinale con la Tradizione.

    3.4. Il tono verso le persone

    Le espressioni da lei usate verso il Card. Fernández:
    • “porno-théologie”,
    • “ignorance crasse”,
    • “sophiste-théologien”,
    • “Seigneur, délivre-le de ses amis !”,

    e verso il Papa Leone:
    • presentato come ingenuo, mal consigliato, poco benevolo verso Maria,
    • quasi deriso per “non essere teologo” e per “appena arrivato”,

    sono oggettivamente incompatibili con lo stile della correzione fraterna cattolica.

    Si può contestare con forza un testo, persino chiedere che un incarico venga ripensato; ma non è legittimo deridere le persone, tanto meno il Successore di Pietro.
    La mariologia autentica, quella che guarda a Maria come Causa salutis, porta piuttosto a imitare la sua umiltà, la sua mansuetudine, il suo modo di “serbare tutte queste cose meditandole nel cuore” (Lc 2,19).

    4. Una via di “giusta mariologia” oggi

    Nel concreto, una linea cattolica pienamente fedele alla Tradizione e al Magistero vivente potrebbe essere questa:
    1. Affermare con forza la cooperazione unica di Maria alla Redenzione
    • Continuando a usare, insegnare e commentare testi come:
    • Lumen gentium 56, 58, 61-62,
    • Inter sodalicia,
    • la mariologia di Ireneo sulla “causa salutis”.
    • Spiegando ai fedeli che Maria non è spettatrice passiva, ma vera protagonista, per grazia.
    2. Accettare una legittima pluralità di linguaggi
    • In ambito teologico e devozionale, il titolo “Corredentrice”, ben spiegato e ben qualificato, può essere ancora usato in senso ortodosso.
    • Il Magistero, tuttavia, può decidere – per motivi pastorali ed ecumenici – di non canonizzare oggi questo titolo nei testi liturgici e dottrinali ufficiali, senza negare il contenuto che esso intende proteggere.
    3. Esercitare una critica filiale, non delegittimante
    • Si può criticare la prudenza di un documento, la selezione delle citazioni, la povertà di alcune argomentazioni.
    • Non si dovrebbe, però, trasformare la discussione teologica in una campagna di ridicolizzazione personale contro il Papa o contro un cardinale.
    4. Lasciarsi educare da Maria nella forma stessa del parlare
    • La Vergine che lei ama e difende non ha mai umiliato nessuno, neppure quando aveva tutte le ragioni umanamente per farlo.
    • Difendere l’onore di Maria con un linguaggio che non riflette il suo stile non rende più forte l’argomento; lo rende solo meno credibile e meno cattolico.

    Conclusione,

    lei ha ragione nel temere ogni riduzione “protestantizzante” del ruolo di Maria, e nel richiamare con vigore la potente tradizione di Ireneo, di Benedetto XV e di Lumen gentium.
    La “giusta mariologia”, però, oggi chiede due fedeltà insieme:
    • alla Tradizione viva che sottolinea la cooperazione singolare di Maria;
    • al Magistero vivente, che ha facoltà di regolamentare linguaggi e titoli, anche sconsigliandone alcuni, senza per questo negare le verità sottostanti.

    Cristocentrica e profondamente mariana, la fede cattolica sa dire:
    • Cristo è l’unico Redentore;
    • Maria è la Madre associata in modo unico alla sua opera, Causa salutis in senso subordinato;
    • e sa accettare che l’espressione concreta di questa verità possa variare nel tempo, purché il contenuto non venga tradito.

    Le auguro, di cuore, che la Vergine Santissima – che lei giustamente difende – ottenga a tutti i teologi un linguaggio sempre più puro, una carità più forte della polemica, e una docilità più limpida allo Spirito che guida la Chiesa intera, non solo una sua scuola.

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