Marc Tosatti
Chers amis et ennemis de Stilum Curiae, notre Fou descend aujourd’hui des régions empyrées où il vole habituellement et daigne s’occuper d’un événement terrestre récemment célébré, l’élection d’un pontife romain. Merci de tout coeur a Louis Lurton pour la traduction. Bonne lecture et bon partage.
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CE N’EST PAS UN SACREMENT
Pour éviter de nous laisser prendre par le carrousel habituel de citations qui laisse les choses telles qu’elles sont (le temps de la confusion schismatique), et survolant les intrigues humaines du temps passé concernant l’élection du Pape, commençons par une affirmation qui correspond sans aucun doute à la vérité : l’élection du Pape n’est pas un Sacrement. C’est pourquoi, au Conclave, il n’y a que l’élection du “primus inter pares” sans l’influence de la Grâce tel que cela se produit dans les Sacrements.
L’Institution remédie à cela en recourant timidement au Saint-Esprit comme à un assistant discret qui se bornerait à donner quelques suggestions respectueuses. Il s’agirait donc d’une sorte de grâce de nature extra-sacramentelle (illumination semi-gnostique ?) en faveur de… on ne sait qui. L’Institution, qui du haut en bas se présente comme imposante dans ses dispositions à observer sans si ni mais, ne se prononce pas clairement par rapport à ce qui de secret (!?) se passe dans le Conclave et qui concernent le Chef du Corps institutionnel : les membres du corps ne savent pas bien ce qui arrive à la tête.
Ainsi, avec la transmission sacramentelle de la Grâce d’une part et l’intervention extra-sacramentelle de l’Esprit Saint d’autre part, l’Institution renforce son autorité (ou son pouvoir ?) spirituelle et pas seulement, se présentant comme propriétaire et dispensatrice indéfectible de la Grâce dans tous les cas. D’où la confirmation de la hiérarchie éclairée, qu’elle soit traditionnelle ou synodale, et de la sombre sujétion qui oblige à rester humble en renonçant à penser par soi-même : la hiérarchie éclairée prépare tout ce qui doit être cru, pensé et fait, et par conséquent tout ce qui doit être rejeté selon un ou-ou bien en béton armé. En bref, il s’agit du fameux « oui oui, non non » géré ad hoc par les hommes (et les femmes) de l’Institution.
Qu’elle soit traditionnelle ou synodale, la hiérarchie s’impose “d’en haut” sur les soumis “d’en bas”. C’est-à-dire, pour utiliser une image évangélique classique, les pasteurs s’imposent (et non pas simplement annoncent) aux brebis, au mépris du principe selon lequel la Vérité s’impose d’elle-même. Tout cela, à l’exception des moutons noirs, qui étrangement ne sont pas comptés parmi les égarés, et qui dans un passé illuminé non par le Saint-Esprit mais par les flammes du feu ont été miséricordieusement cuites sur le gril selon les instructions très claires du… Bon Pasteur ?????
Certes, l’image évangélique ne doit pas être prise au pied de la lettre, car si les brebis sont des animaux qu’on guide avec des bâtons et des chiens, on ne peut pas en dire autant des sujets, qui sont des êtres humains comme les bergers. Mais il ne semble pas que dans l’Institution, malgré l’ostentation maternelle partout, on en tienne compte : les sujets sont considérés comme des brebis dans l’obscurité, et comme les brebis ne pensent pas, les sujets ne doivent pas penser non plus mais seulement croire et répéter, de sorte que, qu’elle soit traditionnelle ou synodale, orthodoxe ou hérétique, la hiérarchie éclairée se présente comme fondamentaliste, en cela la nature intime de l’Institution postconciliaire ne se distingue en rien de la préconciliaire. Dans un cas comme dans l’autre, on la présente comme imposition de la “vérité”. La hiérarchie et le synode sont les deux faces d’une même pièce, mais il s’agit d’un cycle qui s’approche très probablement de sa conclusion, malgré l’enthousiasme joyeux et plein d’espoir de la plupart des brebis et d’une minorité non négligeable qui s’agite pour le nouveau faux pape, et dont les fers de lance sont Mgr Viganò et don Minutella, brebis galeuses chassées de la prison, victimes du fondamentalisme dont ils sont eux-mêmes les représentants.
Il est clair que, n’étant pas un sacrement et sans un pronunciamento officiel de l’Institution, l’élection du Pape s’est déroulée de manière ambiguë en ce qui concerne le rôle du Saint-Esprit : en effet, il n’est pas clair si elle est décisive ou non, et par conséquent si le Conclave cède à la volonté de Dieu ou à celle des électeurs, dont la majorité sont davantage engagés dans des luttes stratégiques et politiques. En tout cas, les brebis ne doivent pas savoir ce que les pasteurs ont combiné en secret derrière cette porte verrouillée. Tout ce qu’ils peuvent voir, c’est… la fumée blanche.
En recourant au subterfuge théologique selon lequel Dieu intervient dans la vie humaine – donc aussi dans le Conclave – en voulant ou en permettant ce qui arrive, la question pourrait être clarifiée une fois pour toutes : le Pape élu est voulu par Dieu par l’intervention du Saint-Esprit, ou il est permis par Dieu qui laisse les électeurs agir selon leurs propres motifs stratégico-politiques. C’est-à-dire que d’une manière ou d’une autre, Dieu entre en jeu et est décisif.
Mais cette solution serait plutôt chaude car elle nécessiterait la promulgation d’un document dogmatique selon lequel tout Pape élu, qu’il soit bon ou mauvais, est celui voulu ou permis par Dieu, constituant ainsi, sans exception, “un magnum gaudium”. En effet, qui pourrait contester les décisions de Dieu ? Qui pourrait prétendre connaître les motivations de Dieu ? Ainsi, même un pape terrible serait un don de Dieu dont on devrait se réjouir. Et ainsi, tandis qu’en bas prévaut la vérité la plus hyper-documentée et la plus obligatoire, en haut elle est elle-même laissée dans une suspension fumeuse.
Ainsi, le caractère nébuleux de l’intervention du Saint-Esprit dans le Conclave “in alto” demeure, et pas qu’un peu en contradiction avec la structure granitique de l’Institution envers “le bas”, avec ses réponses irréfutables à chaque question qui rendent superflue la faculté de réflexion des sujets. Auxquels il ne reste plus qu’à bêler comme des moutons dociles – c’est-à-dire à se taire – ou, s’ils veulent vraiment dire quelque chose, à répéter ce qui a déjà été pensé selon l’enkiklos paideia compilée par les hommes de l’Institution.
Le sentiment de culpabilité et la peur du châtiment, ainsi que le laxisme indiscipliné et insensé du “Dieu t’aime tel que tu es” sont des extrêmes qui ont fait leur temps. Le début du nouveau cycle reste inimaginable pour les consciences chargées de formes inculquées, puisque toute information qui prétend être fixe est une limite imposée à la Conscience qui en elle-même est mariale, c’est-à-dire pure et libre, et donc déjà en communion avec son Origine Divine, à condition qu’elle s’en souvienne. Puisque dans un tel re-cordis sont incluses toutes les Vertus de la Tota Pulchra.
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